Armand Fallières, élu président de la république par le Congrès le 17 janvier 1906.


Le petit journalM. Armand Fallières est né à Mézin (Lot et Garonne), le 6 novembre 1841. Son grand père était maréchal-ferrant et son père greffier de justice de paix. Il fut successivement élève de l’école Bergès, du collège de Mézin et du lycée d’Angoulême, d’où il sortit en 1859 avec le diplôme de bachelier.

Il vint alors à Paris pour faire son droit; il échoua aux examens et son père le fit alors revenir au pays et l’envoya à Toulouse. Mais la vie parisienne l’avais conquis. Il se mit à travailler avec ardeur, espérant que ses succès inciteraient sa famille à le renvoyer dans la capitale. C’est-ce qui eut lieu. Et il revint prendre sa licence en droit à la Faculté de Paris. Il s’installa alors à Nérac, en qualité d’avocat, et devint une célébrité locale. Bientôt, il se lança dans la politique et devint successivement, et au grand déplaisir de sa famille, qui était demeurée conservatrice, maire républicain et conseillé général de Nérac. Ce fut à cette époque qu’il se maria avec la petite fille d’un avoué de son pays, Mlle Besson.

Maire de Nérac au 4 septembre, il fut révoqué de ses fonctions le 24 mai et se présenta pour la première fois aux élections législatives du 20 février 1876, dans l’arrondissement de Nérac; il fut contre le candidat bonapartiste et fit partie des 363 qui revinrent à la chambre le 14 octobre 1877.

En 1880, il fut sous-secrétaire d’Etat au ministère de l’intérieur, dans le premier cabinet Freycinet; il conserva ses fonctions dans le ministère Ferry, du 23 septembre 1880 au 14 Novembre 1881. Puis il revint au pouvoir, le 7 aout 1882, comme ministre de l’intérieur dans le cabinet Duclerc, et, le 29 janvier 1883, à la suite de la démission de M. Duclerc, il prit la présidence du conseil tout en conservant le portefeuille de l’intérieur; mais il donna sa démission le 20 février suivant, à l’occasion de la discussion du projet de loi relatif à l’expulsion des princes.
Ministre de l’instruction publique le 30 novembre 1883, dans le cabinet Ferry, il démissionna avec ses collègues le 30 mai 1885. Il fut de nouveau ministre de l’intérieur dans le cabinet Bouvier, du 30 mai 1887 au 3 décembre de la même année. Il fut encore appelé à faire partie comme ministre de la justice, du premier cabinet Tirard, du 12 décembre 1887 au 3 aout 1888; redevint ministre de l’instruction publique dans le second cabinet Tirard, du 23 février 1889 au 17 mars 1890, et enfin, il entra de nouveau, comme ministre de la justice dans le cabinet Freycinet, du 17 mars 1890 au 27 février 1892.

Pendant sept ans, il vécut un peut en dehors des affaires publiques et venait même assez rarement au Sénat. L’élection de M. Loubet à la présidence de la République, le 18 février 1899, ayant rendu vacant le fauteuil présidentiel du Sénat, M. Fallières fut choisi comme candidat par les groupes de gauche et élu, au second tour de scrutin, président de la Haute Assemblée par 151 voix sur 257 votants. En cette qualité, il présida les débats de la haute cour de justice, qui se réunit en Septembre 1899, au palais du Luxembourg. Depuis lors, M. Fallières avait été constamment réélu président du Sénat.
Le congrès a couronné sa carrière politique en l’appelant à la présidence de la république, par 449 voix sur 849 votants.
 


Article et gravure relevés dans le petit journal illustré du 28 janvier 1906.




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