Alois brunner jugé par contumace 2001 |
Archives Gallica/BNF Études (1945) Source: gallica.bnf.fr Études (1945) Source: gallica.bnf.fr |
L’
«ingénieur de la solution finale» Aloïs Bunner, dont on ignore s’il est
mort ou vivant, sera jugé par contumace demain par la Cour d’assises de
Paris. Aloïs Brunner, né en 1912, a été de juin 1943 à août 1944 le chef du camp d’internement de Drancy, d’où partaient les convois de déportés juifs vers les camps de la mort. Déjà jugé par contumace en 1954 à Paris et Marseille pour «crimes de guerre» , il est aussi accusé d’avoir organisé la déportation de 130.000 juifs en Europe, dont 24.000 en France. La Cour d’assises conclura une procédure par la plainte en 1987 des époux Serge et Béate Klarsfeld, concernant l’envoi vers les camps de la mort, le 31 juillet 1944, de 250 enfants juifs dont les parents avaient déjà été déportés, et qui avaient été réunis dans sept foyers de la région parisienne. Bras droit d’Adolf Eichmann, qui s’occupait de «la solution finale du problème juif» et l’appréciait pour son «efficacité», Brunner n’a jamais été torturé par les remords. «Les juifs exterminés ont mérité de mourir. Je n’ai aucun regret. Et je le referais encore», déclarait-il au Chicago Sunday Times en 1987. Réfugié à la fin des années cinquante en Syrie, il est aussi réclamé par l’Allemagne, pour sa participation à l’extermination des juifs d’Autriche, d’Allemagne, de Grèce et de Slovaquie. Sujet épineux avec la Syrie: Mais il a surtout fait l’objet d’une traque incessante des époux Klarsfeld, qui avaient retrouvé sa trace à Damas, où des témoins l’avaient vu en 1992 dans une ambulance. «On a fait notre possible, mais on n’a pu obtenir le résultat voulu. La vie de Brunner aura quand même été dominée depuis 20 ans par sa situation de criminel» se rassure Serge Klarsfeld, par ailleurs président de l’association fils et filles de déportés juifs de France. (FFDJF) En décembre 1999, des informations avaient fait état de sa mort en 1996. Dans le doute, la justice française a décidé d’aller au bout de la procédure. Le procès par contumace sanctionne tout de même l’échec de la diplomatie dans ce dossier. Les commissions rogatoires lancées par la justice française en Syrie n’ont jamais abouti. Et le cas Brunner a longtemps crispé les relations franco-syriennes. En 1991, le ministre des affaires étrangères Roland Dumas avait vu une rencontre avec Halez Al Assad annulée à la dernière minute après avoir évoqué publiquement le dossier Brunner. En 1996, c’est cette fois le président Jacques Chirac qui avait demandé au président syrien de «rechercher» le criminel nazi. Sans succès. Article relevé dans la Nouvelle République du 2 mars 2001. |
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