Exploits d’apaches marseillais
 (1906)




Le petit journalDramatique cambriolage d’une bijouterie.
Les cambrioleurs marseillais s’efforcent de dépasser, en audace criminelle, nos malandrins parisiens.
Le vol accompli, ces jours derniers, dans la rue Colbert, à Marseille, et que représente notre gravure de première page, en est la preuve flagrante.

Quatre individus, qui passaient dans cette rue, s’arrêtèrent soudain devant la vitrine de la bijouterie Harmann. L’un d’entre eux brisa à coups de maillet une grande glace de deux mètres carrés, tandis que ses complices écartaient les promeneurs arrêtés devant le magasin.

Au bruit, M. Harmann, qui se trouvait, avec sa famille, dans son arrière magasin, accourut ; mais il fut arrêté, sur le seuil de sa porte, par un voleur qui, revolver au poing menaçait de le tuer.

Pendant ce temps, deux autres des malfaiteurs, également armés de revolvers, tenaient en respect la foule accourue de tous côtés et le quatrième dévalisait la devanture, où il faisait son choix parmi les bijoux marqués aux pris les plus élevés.

Quand le vol fut accompli, les quatre bandits prirent la fuite vers la  Joliette par la rue de la République, sans que nul osât intervenir tant la terreur était grande parmi les promeneurs. Que vouliez vous qu’ils fassent contre quatre bandits, armés de revolvers.

Mais les deux agents de la  sureté  Jauffret et Nobili, qui passaient sur la place Sadi-Carnot, se mirent bravement à leur poursuite et Nobili parvint à arrêter, au péril de sa vie, un des voleurs, nommé Giovanni d’Alterio, âgé de trente ans, sujet italien, au moment où ce dernier se retournait pour tirer sur lui un coup de revolver.
 

Article et gravure relevés dans le petit journal du 18 février 1906.



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