Exécution du docteur Crippen
( Angleterre,1910)



Nos lecteurs trouveront dans notre « variété » des détails sur le procédé employé en Angleterre pour l’exécution des condamnés à mort.
La pendaison est toujours en usage chez nos voisins, et c'est ce supplice qu’a subi le docteur Crippen.

On sait avec quelle énergie Crippen avait accueilli la nouvelle que sa grâce était refusée. En Angleterre, le condamné n’est pas comme chez nous, informé à la minute suprême du rejet de son pourvoi. Crippen savait, dès l’avant-veille de l’exécution, qu’il lui fallait abandonner toute espérance d’être gracié. Il eut le temps de se préparer à mourir. Et la « lettre d’adieux » qu’il rédigea et dans laquelle il persistait à se proclamer innocent, n’est pas sans éloquence et sans grandeur.

« Après de nombreux jours d’attente anxieuse, écrivait-il, sans que mon innocence ait encore été reconnue, je me rends compte que mon sort est maintenant scellé et que je dois abandonner tout espoir de vivre encore.
Sans que mon courage m’ait abandonné, je vais me trouver dans un autre monde et devant un autre juge, de qui j’espère une plus grande justice qu’ici bas; Une plus grande compassion que celle des hommes.

Je ne crains ni la mort ni l’au-delà; je ne suis attristé qu’à l’idée des souffrances que va encore endurer, à cause de moi, celle que j’ai tant aimée. Le passage de la vie à la mort ne me fait nullement trembler. Je n’y peux plus rien, je m’incline devant l’inévitable.

Si j’adresse un dernier message au monde, c’est pour le prier de ne pas me honnir et d’avoir foi dans les dernières paroles d’un condamné. Face à face avec Dieu, en présence de qui mon âme va bientôt se trouver pour être jugée, je maintiens que j’ai été condamné injustement; j’ai la certitude que des preuves viendront plus tard établir mon innocence… »

Le mardi, Crippen, fit ses adieux suprême à miss Le Nève, son amie. Le lendemain, à neuf heures du matin;, il marcha au supplice avec une grande fermeté. A neuf heures dix, un avis officiel affiché à la porte de la prison apprenait à la foule que justice était faite.

 
Article et gravure relevés dans le petit journal illustré du 4 décembre 1910.



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