Au Cambodge, la crémation solennelle des restes
du roi Norodom (1906) |
Collection
Gallica/BNF. Les codes cambodgiens / Cochinchine française ; [traduits par Mr Cordier] Source: gallica.bnf.fr Histoire sommaire du royaume de Cambodge, des origines à nos jours / Henri Russier Source: gallica.bnf.fr |
![]() Au Cambodge, les riches ont la coutume de garder leurs morts dans leur demeure pendant plusieurs mois, avant de les brûler ; il en est qui enterrent provisoirement les cadavres de leurs parents décédés, pour en bruler les ossements quelques années après; quant aux pauvres, ils brûlent leurs morts tout de suite après le décès. Le temps de conservation des cadavres se mesure donc à la richesse des familles, et le bûcher sur lequel on les brûle est d’autant plus beau que la condition sociale de la famille du défunt était plus élevée. On ne s’étonnera donc pas si, depuis si longtemps le corps de Norodom attend son incinération. On l’a placé, ce corps royal, accroupi dans une énorme urne de métal, ornée de ciselures d’or ; à l’intérieur de cette urne, le roi défunt macère dans un bain de mercure. L’urne, sans avoir été ouverte a été portée en grande pompe dans le monument qui lui est destiné et que l’on vient de construire ; ce monument est constitué par de grandes pièces de bois ouvragées de bois d’espèces odoriférantes, que relient une solides nattes rehaussées d’ornements et de dessins dorés. L’urne, une fois placée au milieu de ce palais, on met le feu à l’édifice et le roi est incinéré en même temps que sa dernière demeure, tout s’envolant en fumées légères, son corps, l’urne et le palais. Car le bûcher du roi défunt doit être, selon les traditions khmers, un palais construit tout exprès pour le feu. Ce palais porte le nom de « Men » ; il a été construit solidement, comme s’il devait être habité pendant de longues années. Les ossements que le feu n’aura pas consumés seront enfermés dans une nouvelle urne en or et déposés dans une tour construite tout exprès à quelques distance du palais. Les cérémonies qui suivront l’incinération de Norodom seront très brillantes ; à cette occasion, le roi Sisowath doit faire quantité de largesses à son peuple et accorder des grâces aux prisonniers. Article et gravure relevés dans le petit journal illustré du 14 janvier 1906. |
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