Guignol (Lyon 1911) |
![]() Car guignol, n’est pas, comme d’aucuns pourraient le croire, parisien de naissance. C’est un canut de Lyon Dans le théâtre célèbre des marionnettes lyonnaises, il porte toujours le costume des ouvriers en soie de la fin du XVIIIe siècle: la veste à courtes basques, le chapeau à cornes dit « lampion » et la cadenette que les lyonnais appellent « salsifis ». A Lyon, il partage les sympathies du public avec un autre personnage: Gnafron. Gnafron est cordonnier. C’est un bon vivant qu’une seule passion anime: la passion du vin. Gnafron est un pochard, mais un bon pochard. Ses réparties n’ont pas la finesse narquoise de celles de Guignol; par contre, elles sont comiques. Et le personnage y ajoute par sa silhouette, son gros nez enluminé, sa bouche largement ouverte, ses joues rougeoyantes sur lesquelles descendent de larges pattes de lapin, et son monumental chapeau-tromblon. Et maintenant, vous plat-il de savoir d’où vient le nom de Guignol ? Voici. Laurent Mourguet qui créa le personnage avait pris pour type un canut de sa connaissance qui avait certain esprit naturel et maintes façons originales de s’exprimer: «C’est guignolant!» disait notamment ce brave homme chaque fois qu’un sujet quelconque lui dilatait la rate : «C’est guignolant !» faisait répéter Mourguet à sa marionnette. Si bien que le mot fit fortune et que tout Lyon s’en fut au théâtre de Mourguet en répétant: «Allons voir le guignolant!» Et c’est ainsi que naquit Guignol . Article et gravure relevés dans le petit journal illustré du 5 mars 1911. |
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